Ateliers de professionnalisation

Atelier Orange Day – Méthodologie d’analyse stratégique et créative assistée par l’IA

Objectifs pédagogiques

Cet atelier vise à :

  • Développer la capacité à mener une analyse stratégique complète appliquée à une problématique sociétale sensible.
  • Acquérir une méthodologie de veille créative professionnelle.
  • Exploiter de manière responsable et efficace les outils d’IA générative et d’IA de recherche (notamment Perplexity pour la recherche sourcée).
  • Savoir formuler un prompt structuré et opérationnel selon la méthode RTC+F, indispensable pour obtenir des résultats précis, vérifiables et exploitables.

Étape 1 : Analyse stratégique

Rappel des attentes

L’analyse stratégique doit comprendre :

  • Définitions institutionnelles (ONU Femmes, OMS, Conseil de l’Europe).
  • Typologie des violences (physiques, psychologiques, sexuelles, économiques, cyberviolences…).
  • Chiffres clés en France, Europe et monde.
  • Facteurs de risque, profils des victimes, phénomènes aggravants.
  • Historique de la campagne Orange Day (ONU Femmes, UNiTE Campaign).
  • Acteurs mobilisés (collectivités, associations, institutions, entreprises).
  • Analyse de campagnes antérieures : messages, publics cibles, supports, tonalités, efficacité.

L’objectif est de maîtriser la problématique afin de produire une communication éthique, responsable et adaptée à un public scolaire.

L’usage de l’IA pour l’analyse stratégique

Pourquoi utiliser Perplexity ?

  • Gain de temps dans l’identification des sources.
  • Résumé automatique de documents institutionnels.
  • Accès à des données sourcées, à condition d’être vérifiées.
  • Production de tableaux, résumés typologiques ou comparatifs.

 

 
 

Focus : Perplexity est un outil d’IA spécialisé dans la recherche sourcée, ce qui le distingue des autres assistants principalement génératifs. Il combine recherche web et synthèse, en fournissant des réponses structurées avec les liens exacts utilisés, garantissant une transparence rare. Il permet d’accéder rapidement à des données vérifiables, idéal pour l’analyse stratégique et la veille. Contrairement à d’autres outils, il se comporte comme un assistant-chercheur, capable d’explorer le web en temps réel. Ses limites exigent toutefois une vérification des sources, mais son avantage concurrentiel majeur reste la fiabilité grâce à la citation automatique des références.

Limites et vigilance

  • Nécessité d’une vérification systématique des chiffres.
  • Risque de biais, approximations, erreurs factuelles.
  • Obligation de croiser les informations (ministères, ONU Femmes, INSEE, Statista, UNODC).

Méthode de prompt : le RTC+F

Élément Fonction
R – Rôle Spécifie le positionnement attendu de l’IA (professionnel, expert, étudiant…).
T – Tâche Décrit précisément ce que l’IA doit produire.
C – Contexte Détaille la situation, l’objectif, les contraintes.
F – Format Impose la structure, la mise en forme et les livrables.

Cette méthode permet d’obtenir des réponses professionnelles, structurées et exploitables directement dans un dossier de communication.

 

Voici une proposition pour notre projet Orange Day

Élément Contenu
Rôle Tu es étudiant/professionnel de la communication chargé de déployer une campagne de communication pour l’Orange Day, les journées internationales de lutte contre les violences faites aux femmes et aux filles.
Tâche Dans le cadre de la réalisation de cette campagne tu es chargé de mener une analyse stratégique sur les violences faites aux femmes et aux filles (chiffres clés, typologie, évolutions, caractéristiques), les campagnes antérieures Orange Day (historique, acteurs impliqués, rôle des acteurs publics et privés, messages, évaluation des retombées et efficacité), et une veille créative sur la campagne Orange Day (messages, ton, choix iconographiques, médias mobilisés, évaluation des retombées…). La veille créative portera ensuite sur des campagnes de communication se rapprochant de l’Orange Day (problématiques sociales, santé publique…) pour analyser les messages, les tons, les médias exploités, les solutions de communication déployées…
Contexte Cette phase d’analyse doit permettre de mieux connaître la problématique des violences faites aux femmes et aux filles pour trouver les mots justes et toucher mes cibles de communication. La veille créative doit m’aider à trouver des inspirations. La campagne sera déployée au sein des établissements scolaires pour un public jeune (à partir de 15 ans) ; la campagne déployée devra adapter le ton et le message à ce public sans chercher à choquer.
Format Respecte la structure suivante : les éléments d’analyse stratégique (les violences, l’Orange Day…) suivis d’une synthèse claire, puis les éléments de veille créative (campagnes proches) suivis d’une synthèse. Cite ensuite tes sources avec les liens.

Réponse de Perplexity :

1. Analyse stratégique

1.1. Définitions simples

  • Violences faites aux femmes et aux filles : L’ONU et l’OMS définissent ces violences comme tout acte de violence fondé sur le genre qui entraîne ou peut entraîner un préjudice physique, sexuel, psychologique ou économique pour les femmes, y compris les menaces, la contrainte et la privation de liberté, dans la vie publique ou privée. (abuseincare.org.nz)
  • Violences fondées sur le genre (gender-based violence) : Violences qui touchent les personnes en raison de leur sexe ou de leur genre, et qui s’inscrivent dans un rapport de domination des hommes sur les femmes. Elles sont reconnues comme une violation des droits humains et un problème majeur de santé publique. (Organisation panaméricaine de la santé)
  • Violences conjugales / au sein du couple : Violences exercées par un partenaire ou ex-partenaire (physiques, sexuelles, psychologiques, économiques, contrôle coercitif). (OMS Apps)

1.2. Typologie des violences

Les institutions distinguent généralement : (Arrêtons les violences)

 

  1. Violences physiques : coups, gifles, strangulation, brûlures, séquestration…
  2. Violences sexuelles : viols, tentatives de viol, agressions sexuelles, attouchements, exploitation sexuelle, viols conjugaux.
  3. Violences psychologiques / morales : humiliations, insultes, menaces, chantage, isolement, contrôle permanent.
  4. Violences économiques : confiscation des revenus, interdiction de travailler, contrôle des dépenses, endettement forcé.
  5. Cyberviolences : harcèlement en ligne, diffusion non consentie d’images intimes, menaces sur les réseaux sociaux.
  6. Violences dans l’espace public : harcèlement de rue, agressions dans les transports, au travail, dans les lieux d’étude.

 

Ces formes sont souvent cumulées et s’inscrivent dans la durée.

1.3. Chiffres clés

Monde
  • Environ 1 femme sur 3 dans le monde (30 %) a subi des violences physiques et/ou sexuelles au cours de sa vie, le plus souvent de la part d’un partenaire intime. (eca.unwomen.org)
  • En 2023, l’ONU estime qu’en moyenne 140 femmes et filles par jour ont été tuées par un partenaire intime ou un membre de leur famille. (AP News)
 
Union européenne
  • Les données de la Commission européenne et de l’UE confirment qu’environ 1 femme sur 3 dans l’UE a déjà subi des violences physiques ou sexuelles. (European Commission)
 
France
  • En 2023, 271 000 victimes de violences commises par leur partenaire ou ex-partenaire ont été enregistrées par les services de sécurité, en hausse de 10 % par rapport à 2022. (Ministère de l’Intérieur)
  • En moyenne, environ 120 femmes sont tuées chaque année par leur conjoint ou ex-conjoint. (Fondation des Femmes)
  • Le numéro 3919 est la ligne nationale d’écoute pour les femmes victimes de violences (conjugales, sexuelles, mariages forcés, mutilations, violences au travail…). (Service Public)

Ces chiffres montrent que les violences sont massives, répétées et encore sous-déclarées.

Focus sur notre « public cible » : les 15–25 ans

En France, les jeunes filles âgées de 14 à 25 ans sont particulièrement touchées par différentes formes de violences, notamment dans les lycées, où certains phénomènes sont encore trop peu connus et souvent banalisés. education+1

 
Les principaux types de violences

 

Les violences subies par les jeunes filles de cette tranche d’âge sont variées : insee+2

  • Les insultes sexistes et à caractère discriminatoire sont plus fréquentes chez les filles que chez les garçons, aussi bien au collège qu’au lycée. insee
  • Les violences sexuelles constituent une préoccupation majeure : 40 % des femmes victimes de violences sexuelles avaient moins de 15 ans au moment des faits, et 16 % étaient adolescentes de plus de 15 ans. eduscol.education
  • Les mains aux fesses, la diffusion de photos intimes sans consentement, les insultes sexistes et les relations sexuelles forcées sont régulièrement relevées lors des enquêtes en milieu scolaire. centre-hubertine-auclert+1
  • Le harcèlement et la cyberviolence sont aussi très présents : un lycéen sur dix a été victime d’au moins une cyberviolence de façon répétée, et les mises à l’écart ou humiliations touchent davantage les filles. education
 
Chiffres clés et tendances

 

  • Près de 18,4 % des femmes de 18 à 24 ans déclarent avoir été victimes de violences en France. injep
  • Plus de la moitié des victimes de violences sexuelles sont des femmes âgées de 18 à 24 ans. arretonslesviolences
  • 56 % des victimes enregistrées sont mineures, dont 83 % sont des filles. arretonslesviolences
  • Ces phénomènes sont encore plus marqués dans les lycées professionnels, où les filles sont particulièrement exposées lorsqu’elles sont en minorité. pmb.cereq
  • Les agressions physiques sont moins fréquentes que les insultes et violences verbales, mais restent préoccupantes dans certains établissements. pmb.cereq
 
Prévention et campagnes en lycées

 

Des campagnes spécifiques existent pour sensibiliser les jeunes et prévenir ces violences.

  • La campagne #PlusJamaisSansMonAccord cible les adolescents de 15 à 18 ans avec des brochures et affiches diffusées depuis 2020 dans tous les lycées franciliens. centre-hubertine-auclert+1
  • Des interventions sont régulièrement menées sur les thèmes des violences sexistes et sexuelles, de l’excision ou encore du respect dans les relations filles-garçons. filactions
  • La pédagogie autour de « intimité, sexualité, égalité » propose une approche globale, abordant aussi le cadre juridico-social, appuyée par des supports audiovisuels et des affiches. eduscol.education
 
Messages à déployer dans les lycées

 

Pour une campagne efficace, il est essentiel d’adresser des messages clairs et adaptés :

  • Rappeler le droit de chacune à la sécurité et au respect de son intimité.
  • Encourager à signaler les situations de violence ou de harcèlement, même banalisées comme des blagues ou des comportements « normaux ».
  • Faire connaître les dispositifs d’écoute et d’accompagnement disponibles en milieu scolaire.
  • Valoriser les initiatives de jeunes ambassadeurs et la solidarité entre élèves contre les violences sexistes et sexuelles.

 

Ces éléments permettent de construire une communication pertinente, documentée et adaptée au contexte des lycées, essentielle à l’efficacité du déploiement d’une campagne Orange Day sur cette thématique. injep+5 1.

 

https://www.education.gouv.fr/22-des-lyceens-declarent-cinq-violences-ou-plus-de-facon-repetee-414660
2. https://www.insee.fr/fr/statistiques/5763593?sommaire=5763633
3. https://eduscol.education.fr/2180/focus-prevention-des-violences-sexistes-et-sexuelles-l-ecole
4. https://www.centre-hubertine-auclert.fr/egalitheque/campagne/plusjamaissansmonaccord
5. https://injep.fr/wp-content/uploads/2024/07/Chiffres-cles-jeunesse-2024.pdf
6. https://arretonslesviolences.gouv.fr/sites/default/files/2024-03/Lettre-Observatoire-national-des-violences-faites-aux-femmes-Miprof-Mars-2024.pdf
7. https://pmb.cereq.fr/doc_num.php?explnum_id=3442
8. https://www.filactions.org/prevention-jeunes-violences-sexistes/
9. https://www.senat.fr/rap/r24-814/r24-8141.pdf
10. https://onpe.france-enfance-protegee.fr/wp-content/uploads/2024/12/cvm-rapport-vavisa-cvm-2024-final.pdf

 

1.4. Présentation de l’Orange Day / Orange The World

 

  • Le 25 novembre est la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, reconnue par l’ONU. (Wikipédia)
  • Elle lance chaque année la campagne internationale « Tous UNiS » / UNiTE et les « 16 jours d’activisme contre les violences fondées sur le genre », du 25 novembre au 10 décembre (Journée des droits humains). (ONU Femmes)
  • La déclinaison visuelle est « Orange The World » : illumination de bâtiments, port de la couleur orange, actions de communication pour symboliser un avenir sans violences. (ONU Femmes France)
  • ONU Femmes France relaie cette campagne depuis 2015 en France, en mobilisant collectivités, entreprises, universités, associations et grand public. (ONU Femmes France)

 

Objectifs principaux :

 

  1. Rendre visible l’ampleur des violences.
  2. Mobiliser l’ensemble de la société (institutions, entreprises, médias, citoyens).
  3. Soutenir les associations et les dispositifs d’aide (financement, dons, relais du 3919, etc.). (ONU Femmes France)

1.5. Analyse de 5 campagnes « Orange Day / Orange The World »

 
Campagne 1 – Orange The World (ONU Femmes – niveau mondial)

 

 

  • Contexte / acteurs : Campagne portée par ONU Femmes dans le cadre d’UNiTE, relayée dans de nombreux pays. (ONU Femmes)
  • Message central : « Orange the World: End Violence Against Women Now! » (ou variantes annuelles). Financer, prévenir, répondre, collecter les données. (UN DESA)
  • Publics cibles : Grand public, décideurs politiques, médias, ONG.
  • Ton : Mobilisateur, international, positif (espoir, changement) plutôt que culpabilisant.
  • Choix visuels : Couleur orange omniprésente, photos de mobilisations, bâtiments illuminés, visuels simples avec slogans courts. (UN DESA)
  • Médias : Réseaux sociaux, site ONU Femmes, relais TV/presse, événements physiques (marches, illuminations).
  • Efficacité perçue : Forte visibilité mondiale, capacité à créer un rendez-vous annuel, mais campagne surtout symbolique ; impact concret dépend des politiques publiques réellement mises en place. (ONU Femmes France)
 
Campagne 2 – Orange The World / #STOPviolences (ONU Femmes France, 2021)

 

 

  • Contexte : Déclinaison française d’Orange The World, orientée à la fois sur la sensibilisation et la levée de fonds. (ONU Femmes France)
  • Message central : « #STOPviolences » ; mise en avant de l’ampleur des violences et appel au don pour financer la protection des victimes.
  • Ton : Engagé, mais accessible ; insiste sur le passage à l’action (« 365 jours d’engagement »).
  • Visuels : Couleur orange, bracelet solidaire, photos de militantes, messages courts.
  • Médias : Réseaux sociaux, site, relais par partenaires, vente de bracelet.
  • Efficacité perçue : Bonne capacité à impliquer des partenaires privés et à transformer la mobilisation symbolique en soutien financier concret. (centre-hubertine-auclert.fr)
 
Campagne 3 – Orange The World en France (campagnes annuelles ONU Femmes France)

 

  • Contexte : Chaque année, du 25 novembre au 10 décembre, ONU Femmes France coordonne des actions : illuminations de bâtiments, événements, communication sur les réseaux. (ONU Femmes France)
  • Messages : Lutte contre toutes les formes de violences (conjugales, sexuelles, dans l’espace public), avec souvent un focus thématique (ex. violences dans l’espace public, cyberviolences…).
  • Acteurs impliqués : Collectivités territoriales, entreprises, universités, associations, médias.
  • Ton : Institutionnel mais inclusif ; insiste sur la responsabilité collective.
  • Médias : Affichage institutionnel, communiqués, réseaux sociaux, événements.
  • Efficacité perçue : Forte légitimation institutionnelle et ancrage dans le calendrier officiel ; la compréhension concrète des dispositifs d’aide (3919, associations locales) reste cependant inégale selon les publics. (ONU Femmes France)
 
Campagne 4 – « Orange Day Champions » (ONU Femmes France / Convergences)

 

 

  • Contexte : Initiative visant à décerner un titre d’« Orange Day Champion » aux entreprises, institutions, écoles ou collectivités qui s’engagent concrètement contre les violences faites aux femmes. (convergences.org)
  • Message central : Valoriser les organisations qui passent de la sensibilisation aux actions internes (plans d’égalité, actions de formation, soutien aux victimes).
  • Ton : Valorisant, incitatif ; logique de label / reconnaissance.
  • Visuels : Mise en avant de la couleur orange, logos des partenaires, storytelling autour des initiatives.
  • Médias : Site ONU Femmes France, Convergences, réseaux sociaux, événements.
  • Efficacité perçue : Bonne incitation à l’engagement des organisations, mais impact encore limité au regard du nombre d’acteurs labellisés.
 
Campagne 5 – « Orange Days » dans les universités françaises (ex. Université de Rennes)

 

  • Contexte : Plusieurs universités organisent des « Orange Days » autour du 25 novembre : conférences, stands d’information, illumination de bâtiments, ateliers de prévention. (Actu Université Rennes)
  • Messages : Lutte contre les violences sexistes et sexuelles sur le campus, promotion du respect et du consentement, présentation des dispositifs d’aide internes et externes.
  • Ton : Pédagogique, proche des préoccupations étudiantes.
  • Visuels : Affiches orange, slogans simples, visuels de campus, parfois mises en scène symboliques (chaussures, rubans, etc.).
  • Médias : Affichage dans l’université, intranet, réseaux sociaux, interventions en présentiel.
  • Efficacité perçue : Bonne proximité avec le public jeune, mais impact dépend de la qualité de la coordination avec les services de santé, les associations étudiantes et les dispositifs de signalement.

2. Synthèse stratégique

2.1. Enseignements clés

 

  1. Phénomène massif et structurel : les violences faites aux femmes ne sont pas des faits divers, mais un problème systémique (1 femme sur 3 dans le monde, hausse continue des violences conjugales en France). (eca.unwomen.org)
  2. Rôle central des institutions : ONU, ONU Femmes, États, collectivités, écoles, associations composent un écosystème indispensable pour prévenir, protéger et punir. (Arrêtons les violences)
  3. Besoin d’un engagement durable : les « 16 jours » sont un moment fort, mais les violences sont présentes toute l’année ; les campagnes récentes insistent sur un engagement 365 jours. (ONU Femmes France)
  4. Place clé de l’information : beaucoup de victimes ne connaissent pas les dispositifs (3919, associations locales), ou n’osent pas les mobiliser. Il faut donc combiner message de soutien aux victimes, information pratique et appel aux témoins. (Service Public)
  5. Publics jeunes particulièrement exposés : les études montrent une forte exposition des adolescentes aux violences sexuelles, y compris en ligne ; la prévention à l’école et au lycée est donc stratégique. (#NousToutes)

 

2.2. Risques et interdits pour une campagne scolaire

 

Interdits éthiques

 

  • Pas de visuels choquants (sang, scènes de coups explicites, images très sexualisées).
  • Pas de mise en scène voyeuriste ou culpabilisante des victimes.
  • Pas d’humour déplacé ni de slogans ambigus.

 

Risques à éviter

 

  • Minimiser le rôle des auteurs (« drame passionnel », « conflit de couple »).
  • Diffuser des chiffres approximatifs ou non sourcés.
  • Proposer des messages trop abstraits ou moralisateurs, sans informations concrètes (numéros, lieux d’aide).

 

Points de vigilance spécifiques au public 15+ :

 

  • Adapter le vocabulaire : simple, sans jargon militant ou juridique trop complexe.
  • Tenir compte de la forte présence des élèves sur les réseaux sociaux (importance de parler aussi de cyberviolences, partage de nudes, harcèlement en ligne). (#NousToutes)

3. Veille créative (campagnes comparables)

Campagne A – #NeRienLaisserPasser (Gouvernement français)

 

  • Sujet : campagne nationale chaque 25 novembre, insistant sur le fait de ne « rien laisser passer » face aux violences faites aux femmes. (info.gouv.fr)
  • Message : encourager victimes, témoins et professionnels à réagir et à signaler, mettre en avant le 3919.
  • Ton : sérieux, institutionnel, responsabilisant.
  • Iconographie : visuels sobres, couleurs institutionnelles, souvent visages de femmes, slogans en surimpression, hashtag.
  • Médias : TV, affichage, réseaux sociaux, site gouvernemental.
  • Ce qui fonctionne : légitimité institutionnelle, mise en avant du 3919, hashtag facilement réutilisable.
  • Limites : ton parfois perçu comme distant ; peu de codes graphiques spécifiques aux jeunes.

Campagne B – Plateforme « Arretons les violences » et promotion du 3919

 

  • Sujet : site officiel d’information et de ressources, avec campagnes associées (affiches, kits, outils de formation MIPROF). (Arrêtons les violences)
  • Message : informer, orienter, donner des repères pour repérer et accompagner les victimes.
  • Ton : pédagogique, concret, orienté vers l’action.
  • Iconographie : visuels simples, couleurs sobres, mise en avant du numéro 3919, pictogrammes.
  • Médias : site web, PDF, affiches téléchargeables, vidéo-formations.
  • Ce qui fonctionne : clarté de l’information, outils utilisables dans les établissements scolaires ou services sociaux.
  • Limites : graphisme parfois « institutionnel » et peu attractif pour un public adolescent.

Campagne C – Violences sexistes et sexuelles dans les transports

 

  • Sujet : guides et supports pour lutter contre le harcèlement et les violences dans les transports en commun. (Arrêtons les violences)
  • Message : « levons les yeux », repérer, réagir, soutenir les victimes.
  • Ton : mobilisateur, centré sur les témoins et la responsabilité collective.
  • Iconographie : scènes de transports (bus, métro), silhouettes, mise en situation.
  • Médias : affiches dans les transports, flyers, supports numériques pour les opérateurs de transport.
  • Ce qui fonctionne : mise en situation concrète ; messages directement reliés à un lieu du quotidien.
  • Limites : peu adapté si transposé tel quel à un établissement scolaire sans adaptation.

Campagne D – « Non au harcèlement » (Ministère de l’Éducation nationale)

 

  • Sujet : campagne annuelle contre le harcèlement scolaire, avec un prix « Non au harcèlement » qui invite les élèves à produire une affiche ou une vidéo. (Ministère de l’Éducation nationale)
  • Message : le harcèlement n’est pas une fatalité ; il faut parler, alerter, soutenir les victimes.
  • Ton : proche des élèves, souvent centré sur l’empathie, la solidarité entre pairs.
  • Iconographie : visuels créés par les élèves (affiches, vidéos), slogans simples, hashtags.
  • Médias : réseaux sociaux, sites académiques, affichage dans les établissements, vidéos projetées en classe.
  • Ce qui fonctionne : forte implication des jeunes (co-création de contenus), ancrage direct dans le milieu scolaire.
  • Limites : messages parfois très variables en qualité graphique et en impact, selon les productions d’élèves.

Campagne E – Fondation des Femmes – « Ne pas ignorer »

 

  • Sujet : campagne de sensibilisation et appel aux dons contre les violences faites aux femmes. (Fondation des Femmes)
  • Message : « Contre l’indifférence, vos dons font la différence » ; insister sur la nécessité de financer les associations.
  • Ton : émotionnel, centré sur l’urgence et le soutien concret.
  • Iconographie : visuels forts, témoignages, mise en avant de phrases-chocs et de chiffres clés.
  • Médias : site web, réseaux sociaux, vidéos, tribunes dans la presse.
  • Ce qui fonctionne : combinaison d’émotion (témoignages) et de données chiffrées ; appel clair à l’action (don).
  • Limites : logique de fundraising difficilement transposable telle quelle dans un lycée.

Campagne F – Collectif #NousToutes (sensibilisation par les chiffres)

 

  • Sujet : visuels et infographies sur l’ampleur des violences sexistes et sexuelles (féminicides, violences sexuelles, harcèlement). (#NousToutes)
  • Message : « les chiffres parlent d’eux-mêmes » ; montrer l’ampleur du problème et l’insuffisance de la réponse publique.
  • Ton : militant, direct, parfois choc (formulations sans détour, chiffres très marquants).
  • Iconographie : blocs de texte, chiffres en gros, couleurs vives (souvent violet / orange), illustrations stylisées.
  • Médias : réseaux sociaux (Twitter, Instagram), affiches en manifestations, brochures.
  • Ce qui fonctionne : grande force de frappe visuelle ; chiffres faciles à retenir.
  • Limites : ton militant qui peut être perçu comme clivant dans un cadre scolaire si non accompagné.

Campagne G – Campagne du Ruban blanc

 

  • Sujet : mouvement international qui mobilise particulièrement les hommes contre les violences faites aux femmes. (Wikipédia)
  • Message : les hommes doivent prendre position contre les violences, ne pas se taire, changer les modèles de masculinité.
  • Ton : responsable, tourné vers l’engagement masculin.
  • Iconographie : ruban blanc porté sur les vêtements, visuels simples.
  • Ce qui fonctionne : met en avant la responsabilité des hommes et pas seulement des victimes.
  • Intérêt pour une campagne scolaire : permet de mobiliser les garçons comme alliés.

Campagne H – Associations jeunesse / numérique (En avant toute(s))

 

  • Sujet : actions de prévention et de soutien en ligne pour les jeunes femmes victimes de violences, via tchats et contenus numériques. (Wikipédia)
  • Message : aider les jeunes à reconnaître les violences dans le couple, à demander de l’aide.
  • Ton : bienveillant, proche du langage des jeunes, non jugeant.
  • Médias : site, tchat en ligne, réseaux sociaux.
  • Intérêt pour un lycée : modèle intéressant pour travailler sur les relations amoureuses, la jalousie, le contrôle sur les réseaux, etc.

 

4. Synthèse créative (enseignements pour une campagne scolaire 15+)

Sans proposer de concept créatif original, on peut dégager des lignes directrices :

 

  1. Un message clair et positif
    • Mettre l’accent sur le droit à la sécurité, au respect, au consentement.
    • Utiliser un slogan simple, mémorisable, éventuellement associé à une couleur (orange) et à un symbole.
  2. Un ton adapté aux lycéens
    • Éviter le ton moralisateur ou culpabilisant.
    • Privilégier un ton pédagogique, concret et bienveillant, qui ouvre le dialogue.
  3. Des visuels sobres mais parlants
    • S’inspirer de l’Orange Day pour la couleur et la simplicité graphique.
    • Combiner chiffres clés impactants et phrases courtes.
    • Représenter des situations proches du quotidien des jeunes (couple, réseaux sociaux, groupe d’amis, établissement scolaire).
  4. Mettre en avant les ressources d’aide
    • Indiquer clairement : 3919, numéros locaux, infirmière scolaire, CPE, associations partenaires, sites spécialisés.
    • Expliquer qu’un témoin peut aussi demander conseil. (Service Public)
  5. Impliquer les élèves
    • Comme dans « Non au harcèlement », encourager la co-construction d’affiches, de vidéos, de podcasts, sous encadrement pédagogique. (éduscol)
  6. Respecter les interdits
    • Ne pas montrer de scènes de violence explicite, ni d’images pouvant déclencher un traumatisme.
    • Veiller à ne pas culpabiliser les victimes (« elle aurait dû partir », « elle aurait dû dire non »).

 

5. Bibliographie (liens vérifiables – exemples)

 

ONU Femmes – Orange The World / UNiTE

ONU – Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes

OMS / ONU Femmes – Données mondiales sur les violences faites aux femmes

Chiffres France – Gouvernement / Observatoire national des violences faites aux femmes

Campagnes gouvernementales et outils

Campagnes « Non au harcèlement »

Fondation des Femmes / associations

Collectifs et campagnes militantes

 

À vous de jouer : lire, comprendre, vérifier certaines informations et compléter les campagnes en collectant les visuels.

 

Quelques mots sur Gamma

 

Gamma est un outil en ligne qui utilise l’IA pour aider à créer des présentations, documents et pages web sans avoir à gérer soi-même la mise en page.
 
 
L’utilisateur fournit un texte ou un plan, et Gamma génère automatiquement des diapositives organisées, avec une structure claire et cohérente. Il facilite la création de supports pédagogiques ou professionnels grâce à :
 
  • une mise en page automatique et uniforme ;
  • des styles simples et lisibles ;
  • la possibilité de modifier chaque élément après génération ;
  • l’export en PDF ou en format présentation.

L’intérêt principal est de gagner du temps sur la forme tout en gardant la main sur le contenu.